Capo de légende

James Gandolfini / Tony Soprano

En découvrant la nouvelle sur Twitter, vers 2h du matin cette nuit, je n’en ai pas crû mes yeux.

James Gandolfini, la star géniale des Soprano, est parti à 51 ans. Sans doute d’une crise cardiaque.

On n’épiloguera pas (trop) sur son rôle dans le succès des Soprano : cette série, certainement l’une des meilleures depuis l’invention du petit écran, était un joyau d’écriture, un bijou de réalisation créé par un auteur habité, David Chase.

Mais elle a aussi révélé au grand public la carcasse impressionnante du bonhomme, ses considérables qualités d’interprétation et son art consommé de la nuance et du silence évocateur. James Gandolfini a galéré. Il était jusque-là cantonné à des seconds rôles. Seconds rôles parfois saisissants (ceux qui ont vu True Romance se souviennent tous de son apparition) mais seconds rôles quand même. Veule, magnétique, terrifiant, touchant, fragile, imposant, avec l’interprétation de Tony Soprano, James Gandolfini prouvait qu’il n’était pas un premier violon. Il était un orchestre symphonique à lui tout seul. Un orchestre enfermé dans un corps dont chaque pore hurlait « made in Italy ».

Après avoir régné durant six saisons, Gandolfini et toute l’équipe des Soprano ont décidé de partir, droits dans leurs bottes, lors d’un final dont l’élégance reste encore dans les mémoires.

Mais la fusion avec le personnage de Tony Soprano, Capo, chef de famille mafieux, était irréversible.

James Gandolfini est donc remonté sur le front des seconds rôles.

Sa dernière apparition ciné, il l’a réservé au Zero Dark Thirty de Katryn Bigelow sur la traque de Ben Laden. Il y jouait le patron de la CIA.

Pour son ultime scène, il entre dans un ascenseur en compagnie d’un comparse et lui lance avant que les portes se referment – c’est l’une des dernières répliques de sa carrière – : « We all are smart guys » (Nous sommes tous des malins).

James Gandolfini était surtout un grand Monsieur.

Quelques scènes clés des Soprano illustrant le talent du géant:

Tony et sa femme

Tony et ses « soldats »

Tony et sa fille

Un (discutable) mais joli hommage vidéo publié cette nuit :

Et, pour rester encore un peu avec lui, deux musiques.

Le légendaire générique des Soprano, interprétée par le groupe Alabama 3 :

Et la même chanson, telle qu’elle avait été enregistrée au départ avant d’être reprise pour la série. Ecoutez bien le prologue : il résonne étrangement tristement aujourd’hui.

Author: François

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