10 titres presque parfaits

Iron Man 3, Hansel & Gretel witch hunters, The place beyond the pines… Depuis une quinzaine d’années, distributeurs et autres spécialistes du marketing cinéma ne prennent souvent plus la peine de traduire ou d’adapter le titre d’un film commercialisé en France. Il n’en a pas toujours été ainsi et certains essais amusants ou pathétiques ont marqué les mémoires. Cliquez sur chacune des catégories pour découvrir les grands gagnants.

GRAND PRIX CHAMPION TOUTES CATEGORIES

Ce film de George Roméro – pour mémoire réalisateur du cultissime Nuit des morts vivants – remporte de concert, le grand prix du titre français le plus débile de l’histoire ET l’Oscar de la plus mauvaise analogie marketing. C’est ainsi que « The crazies » (en gros « les dingos ») est devenu l’hilarant :

La nuit des fous vivants

Admirez que le distributeur, certain de vouloir interpeller les crétinos spectateurs, reprécise bien qui est le réalisateur du film.

 

GRAND PRIX : TU PEUX FAIRE UNE TRADUCTION MOINS CRAIGNOS ?

Ce film de SF réalisé en 1956 par Don « Dirty Harry » Siegel a porté en France une vraie croix. « Invasion of the body snatchers » (approx. L’invasion des voleurs de corps ») racontait – la chose est importante – une invasion de plantes extra-terrestres « copiant » les humains. En France, le film a été commercialisé sous l’appellation :

invasion-des-profanateurs-de-sepultures

(!) Oui, il n’y a pas de profanateurs dans le film.

Ni de sépultures d’ailleurs.

Mais bon… Du coup, un remake réalisé en 1978 par Philip Kaufman a dû reprendre le fardeau, en l’allégeant un peu (« L’invasion des profanateurs ») avant qu’on arrête de se prendre la tête pour un nouveau remake, cette fois signé Abel Ferrara, intitulé en français dans le texte « Body Snatchers ».

 

GRAND PRIX DU TITRE CLAUDE FRANCOIS (parce qu’il repart et revient)

C’est David Lynch qui le décroche en ayant égaré ses distributeurs résignés, après le grand succès d’Elephant Man, à sortir son étrange « Eraser head ». Comme personne n’avait de bonne idée, le film est devenu en France :

Labyrinth man

Après avoir fait beaucoup rire, les distributeurs ont fini par revenir à une traduction du titre original avec l’étrange, mais plus fidèle (mais non moins drôle): « Tête à effacer » mais, histoire de vraiment paumer le spectateur, ont aussi gardé Labyrinth man (soupirs).


GRAND PRIX DU TITRE ECRIT DANS UNE LANGUE QUE PERSONNE IL LA PARLE

« Kaidan », étrange et magnifique film fantastique japonais, a décroché un prix spécial à Cannes en 1965. Une traduction littérale du titre aurait donné un titre plutôt sympa (et à l’époque pas encore usé jusqu’à la corde) avec « Histoires de fantômes ». Mais comme les spectateurs français risquaient, semble-t-il, de mal le prononcer (« bonjour, je voudrais une place pour Quédent ! »), les distributeurs ont opté pour une logique imparable en le baptisant :

kwaidan

Ce qui ne signifie rien.

Dans aucune langue.

Au monde.

 

GRAND PRIX DE LA TRADUCTION QUI FAIT BAVER LE REALISATEUR

C’est l’adaptation du « Jaws » (Mâchoires) de Steven Spielberg – inspiré par le livre éponyme de Peter Benchley. Les distributeurs de l’époque n’aimant pas trop la traduction littérale, jugée pas assez punchy, ils ont opté pour une vraie création, passée à la postérité :

les-dents-de-la-mer

Dans une interview récente Spielberg avouait qu’il adorait ce titre français. Inutile d’être plus royaliste….

 

GRAND PRIX : TU POURRAIS ÊTRE PLUS CONCIS STP ?

En 1959, le grand Samuel Fuller sort « Verboten ! » (« Interdit » en allemand). Un titre intelligible (référence à l’union interdite entre un ex-GI et une Allemande) car pas mal entendu en France comme ailleurs en Europe quelques années auparavant. Quoiqu’il en soit, les distributeurs du film rayent le titre original rageusement et le remplacent par le pas vraiment concis :

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Notez que pour attirer le chaland, le graphiste de l’affiche a fait de gros efforts…

Dans le genre manque de laconisme, cet autre film de SF avec fourmis atomiques géantes (1954), intitulé « Them ! » (Eux !) est devenu chez nous « Des monstres attaquent la ville ! » avant d’être rebaptisé en plus sexy :

des_monstres_attaquent_la_ville,1

 

GRAND PRIX DU TITRE COUILLU

Pauvre John Ford ! Lui qui avait choisi en 1949 de glorifier la cavalerie américaine en utilisant un titre peut-être un peu trop délicat (« She wore a yellow ribbon », litt. « Elle portait un ruban jaune »), le voilà affligé de distributeurs français avides de mâlitude. Du coup, exit le ruban jaune et bienvenue à  :

la-charge-heroique

L’idée même de « charge » est d’ailleurs vite devenue un réservoir à titre virils. Pour mémoire, « La charge fantastique » (Raoul Walsh) s’intitulait en VO « Ils sont morts les bottes aux pieds » (« They died with their boots on ») qui ne manquait pourtant pas de poils aux pattes. Ce qui n’était pas le cas de « The last frontier » (« la dernière frontière ») qui a pris une bonne dose de testostérone chez nous en devenant « La charge des tuniques bleues ».

 

GRAND PRIX DU TITRE QUI LOUCHE DANS LE DECOLLETE DU VOISIN

« Raise the Titanic » (litt. « Renflouez le Titanic »), film d’action/espionnage oubliable, a chez nous violemment louché dans le colback d’une Guerre des étoiles partie pour la postérité. Il s’est donc intitulé :

la-guerre-des-abimes

Il n’y a pas de guerre mais c’est autant de gagné tout comme la bizarre mire sur la photo, évoquant… mais oui,  l’Étoile Noire (mais peut-être est-ce du mauvais esprit)  ?

 

GRAND PRIX DU VENT DE DÉBILITÉ

Pas de problème de traduction ici mais une véritable frénésie de stupidité qui s’est emparée des distributeurs Français après le triomphe des « Bidasses en folie » commis en 1971 par Claude Zidi.

les_bidasses_en_folieDu coup le « en folie » s’est retrouvé placé dans à peu près tous les cas de figures, même pour des films étrangers. On retiendra sans peine « Le collège en folie » (en VO « Hots »), « La boum en folie » (en VO Beach girls), « La clinique en folie » (Where does it hurt ?), « Le bus en folie » (The big bus), « Le Führer en folie » et « Le plumard en folie » – deux chefs-d’oeuvre avec Alice Sapritch – « Le golf en folie » (Caddyshack) et, plus récemment, le cartoon « La ferme en folie » (Barnyard).

la_ferme_en_folie

Author: François

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