Walking dead : une saison 3 qui divise !

Walkind dead s3 groupeLa saison 3 de Walking Dead venant de s’achever aux USA (diffusion France sur OCS Choc depuis hier soir) il est temps de faire un bilan, sans rien, pour ma part, hélas retrancher au coup de gueule lancé ici voilà quelques semaines. Mais comme on ne peut pas maugréer tranquille (partie « Gueule de bois »), l’amie Sophie, experte es-série, fan de Walking dead, a exigé de crier ici son amour pour une saison 3 qu’elle défend bec et ongle (partie « Gueule d’ange »). Bilan à quatre mains (et sans machette).

Gueule de bois

La première partie a toute entière été dévolue au rattrapage des déçus de la seconde saison, paraît-il sevrés d’action, via un insensé massacre de zombies (158 morts-vivants déglingués sur les seuls huit premiers épisodes de la saison 3 comme le prouve le bout-à-bout ironique visible ici). La méthode est d’autant moins compréhensible qu’elle transformait les survivants en véritable peloton d’exécution… Une approche, certes efficace du point de vue des audiences, mais d’autant moins compréhensible scénaristiquement parlant qu’elle était exactement celle que critiquait le boss de la série, Glen Mazarra, dans les bonus de la saison deux et qui l’avait conduit à entièrement retourner le prologue de 11 minutes de la saison 2, pourtant déjà finalisé (voir cliquez sur le bonus ici).

Après cet allumage façon « 1000 et une manières de découper des non-morts et de dégager des personnages secondaires dont on ne sait plus que faire », il fallait un peu calmer les esprits. L’affrontement entre la ville faussement utopique de Woodbury – excellente piste scénaristique à peine esquissée – dirigée par le Gouverneur (David Morrissey) et le petit groupe qui avait nettoyé la prison sous la direction de Rick (Andrew Lincoln) apparaissant clairement comme l’acmé, l’explosion finale appelée à conclure la saison 3. La boucherie passe alors d’un coup au second plan, voire au troisième plan. Les scénaristes poursuivent un temps dans la peinture outrancière de la folie puis convoquent (épisode 12 « Clear ») un personnage abandonné dans la saison un (Morgan Jones, incarné par Lennie James) pour livrer un épisode remarquable – mais sans aucune cohérence avec le reste – tout entier tourné sur la notion de culpabilité.

Le petit Carl Grimes, unique espoir de la saison 4 ?Après le massacre non-sensique du début, cette parenthèse riche en émotions et très faible en zombies apparaît comme une puissante respiration. Une forte lueur, presque un signal – on aurait envie de dire une bouée de sauvetage – indiquant que la série a encore des scénaristes (en l’occurrence Scott M. Gimple qui travaille aussi sur le prometteur Da Vinci’s demons) capables d’inventer autre chose qu’un empilement de barbaque sanglante. Las ! Après quelques attermoiement du côté d’Andréa,  le show repart de plus belle, cette fois sur le pur affrontement Rick/Gouverneur. C’est là que cette saison 3 réussit un véritable Waterloo. Car l’affrontement prison/Woodbury maintes fois annoncé, longtemps différé n’aura finalement pas lieu, en tout cas pas comme on pouvait s’y attendre (gare aux spoilers) tant le personnage du Gouverneur est parti sur Mars ! Le final tant annoncé est littéralement escamoté avec l’un des plus ahurissants non-sens scénaristiques qu’on ait vu dans une série télé. Le dépit – la rage – du téléspectateur est tel (voir par exemple ce billet virulent mais riche en spoilers) que les scénaristes sont contraints de sacrifier (encore) deux personnages majeurs, non pour nourrir un récit désormais à la dérive mais pour créer de petits séismes émotionnels qui feront mieux passer la pilule.

De cette saison caricaturale, conclue avec le départ fracassant du show-runner Glen Mazarra remplacé par un quidam, on ne gardera finalement que deux choses : l’espèce de parenthèse enchantée de l’épisode 12, remarquablement écrite et réalisée, véritable joyau perdu au milieu de la boue. Et aussi une ligne forte. L’unique passerelle vers une saison 4 un temps soit peu sensée : la lente transmutation de Carl, le fils pré-ado de Rick, qui après avoir vu/infligé trop de violence, tourne clairement à l’apprenti psychopathe sous le regard impuissant de son père. Une sorte d’écho à ce que la remarquable saison 2 laissait entrevoir jadis.

C’est peu.

C’est triste.

Gueule d’ange

J’ai adoré la première partie, plus gore que la deuxième saison, certes, mais qui nous propulse dans un cauchemar et une noirceur plus conforme à la BD, d’abord, et à un monde post-apocalyptique, ensuite. En choisissant le décor de la prison (comme dans la B.D), producteurs et scénaristes n’avaient d’autres choix que de durcir le ton. Oui, ça dézingue du zombie à tout-va, entraînant la bande de survivants dans un bain de sang qu’elle n’a pas connu jusque-là.  Mais n’oublions pas que « The Walking Dead » est avant tout une série d’horreur où l’enjeu majeur est de survivre. En outre, plus la saison avance, plus le festin « zombiesque » passe à l’arrière-plan et laisse place à un thème plus dense et plus captivant sur le mode « L’homme est un loup pour l’homme ». La performance de David Morrissey, Gouverneur/dictateur d’une utopie (Woodbury) qui finit par péter les plombs est, à ce titre, impressionnante, plausible et pas du tout caricaturale.

Daryl (Norman Reedus, vraie star de la saison 3 ?Même parée de rouge sang, la franchise s’étoffe, s’enrichit, prend de nouvelles teintes. En un mot, elle grandit ! A l’image de ces protagonistes pour qui cette troisième année est celle de la maturité. Trois exemples forts d’évolution. La peureuse Carol (Melissa McBride), passée du stade de souris effrayée à celui de femme décidée. Carl (Chandler Riggs), le fils du héros, sans grand intérêt dans la première saison, tête à claque dans la suivante, devient un enfant soldat souffrant d’une douloureuse métamorphose, jusqu’à un final qui laisse entrevoir un palpitant et jouissif affrontement père-fils ! Mais le grand personnage de la saison est Daryl (Norman Reedus). Cette saison l’embarque dans une sorte de voyage initiatique douloureux qui culmine sur l’une des plus belles scènes de la saison (épilogue de l’épisode 15 « the sorrowful life »), marquant la rédemption de Merle. Respect ! L’épisode, intense et très émouvant, rehausse, à l’instar de l’excellentissime épisode « Clear » (épisode 12), une deuxième partie de saison plus faible.

Par contre, tant dans le rythme que dans la cohésion scénaristique, les auteurs ont, peut-être, trop tiré sur les fils de l’affrontement attendu, et qui n’aura finalement pas lieu, entre Rick et le Gouverneur. C’est là la grande faiblesse de cette saison : faire miroiter un feu d’artifice final qui, s’avère un vrai pétard mouillé manquant d’intensité et de cohérence. Pour autant, tout n’est pas à jeter dans cet épilogue.

Attention ! SPOILERS MAJEURS CI-DESSOUS !! CLIQUEZ A VOS RISQUES ET PERILS !!

Le sort réservée à Andrea était prévisible. C’est – et ça a toujours été – un personnage très faible dans la série. Mais sa fin est un moment émouvant dénué de gratuité : il permet surtout à Rick de retrouver totalement ses esprits (et d’envoyer valdinguer ses fantômes) . Et l’ancien flic a du pain sur la planche surtout avec un fils bien parti pour devenir un mini gouverneur ! En recueillant les innocents de Woodbury, lors du final, Rick signe quasiment une profession de foi, à mille lieues du type brûlé et sans âme qu’il était lorsqu’il abandonnait un malheureux sur le bord de la route (épisode 12). Selon moi, ce final est un beau moment d’espoir et d’humanité.

Avec cet épilogue à la forme si particulière et, il est vrai, un peu bricolée, les scénaristes ont peut-être voulu trop en dire mais surtout souhaité surprendre, en prenant à contre-pied toutes les spéculations. Ils ont fait un choix « éditorial » déroutant : faute de conclusion, ce « Welcome to the tombs » devient un teaser pour la saison 4. Conclusion imparfaite mais teaser parfaitement maitrisé…

Sophie Gauvin, chef de rubrique sports et séries à la rédaction programmes de Télé Star et Télé Poche.

Vous pouvez lire ici une analyse de la saison 2.

Author: François

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