British zombie

image générique in the flesh

Avec « In the flesh », la chaîne anglaise BBC 3 va peut-être, dans quelques jours, prendre à contre-pied le monde des séries. Et celui des zombies. Et même celui des Revenants. Explications.

Le pitch : Kieren, un adolescent anglais s’est donné la mort voilà quatre ans. Sans explication. Mais peu après son enterrement a eu le Rising (le Réveil), un phénomène inexpliqué qui a poussé les morts – et Kieren – à sortir de tombe pour attaquer les vivants. Le Réveil a cependant pu être stoppé – les zombies ne pouvaient contaminer leurs victimes – et les « revenus » (on ne va pas dire revenants hein…) ont été hospitalisés dans des unités de soins intensifs. « In the flesh » (« Dans la chair ») débute au moment où, après un long traitement, Kieren est jugé apte à reprendre sa place en société et revenir dans son village. Mais il doit affronter un triple problème : d’atroces visions de ce qu’il a commis durant sa « maladie » le hantent. Sa famille n’est, par ailleurs, pas unanimement heureuse de voir revenir celui dont elle fait le deuil. La société est, elle-même, divisée sur le come-back des anciens « malades » du Rising. Un mouvement extrémiste, le HVF a ainsi vu le jour et prône l’éradication de ceux qu’il qualifie de « pourritures » (rotters).

Psychologie d’un ex-zombie

Ce petit teaser donne une idée de l’univers des tourments intérieurs de Kieren (Luke Newberry), héros de la série et zombie en post-cure :

 

Pas de moralisation

In the flesh Dans le centre de traitementDominic Mitchell, scénariste débutant, a expliqué l’étrange genèse de « In the flesh ». La série est née d’une vieille idée, celle d’un jeune homme ayant commis, durant un épisode psychotique, quelque-chose d’atroce au sein de la communauté rurale où lui et sa famille habitent. Renvoyé chez lui après des soins, il affronte le regard de ses proches et voisins tout en bataillant contre des bribes de souvenirs du crime qu’il a commis.

Une trame très proche de ce que va devenir « In the flesh ». Pourtant, Mitchell se heurte à un mur : toutes les scènes et péripéties qu’il imagine lui paraissent « faciles » ou bêtement « moralisatrices ». C’est en paressant devant une série Z avec des zombies que Mitchell a une épiphanie : un vague contexte fantastique (Le Réveil, les ex-zombies soignés avec des médicaments qui les rendent dociles et leur permettent, au mieux, de retrouver des semblants d’émotions) va l’autoriser à mieux embrayer vers ce qui l’intéresse vraiment : une vue réaliste d’individus et d’une communauté tentant de se reconstruire après un événement traumatisant. Après avoir gagné un concours organisé par la BBC, Mitchell a été coaché durant 12 mois par le scénariste John Fay (auteur de certains épisodes de la série de SF Torchwood et du soap Coronation street) et a fini par donner naissance à ce qui va devenir « In the flesh », réalisé par Jonny Campbell (Docteur Who, Shameless, MI-5…).

L’air du temps

Pour donner la température, la BBC3, productrice de « In the flesh », a fait réaliser d’intéressantes vidéos pince-sans-rire. Conçues comme autant de « messages à caractère informatif », celles-ci tentent de pontifier dédramatiser l’arrivée des « zombies ».

La première fait le point sur les précautions d’usage après le Rising (le Réveil) :

La seconde offre un point sur ce qu’il faut savoir sur les non-morts. Notez que le « threat level » (le niveau de menace) est passé entre les deux de « substantial » (conséquent) à « severe » (grave)…

Bientôt la baffe ?

La bande annonce de la série :

 

Sur le simple énoncé de son pitch et les bribes d’images aperçues dans la bande annonce, la série paraît en posture d’aborder de front de très riches thématiques adultes. Ca devrait faire du bien au vue de la tournure que paraît avoir prise la troisième saison de The Walking dead. Citons pêle-mêle : le malaise adolescent, le bridage médicamenteux (un néo « Orange mécanique ?), le repentir et la culpabilité, l’intolérance voire le racisme, le travail de deuil à l’envers (Kikou Les Revenants !), la volonté de faire changer la peur de camps…. Autant d’aspects originaux qui pourraient propulser « In the flesh » dans la cour des grands. Pourraient. Car la BBC 3 n’a clairement pas les moyens de lancer un yatch, plutôt un joli petit voilier. Et traiter intelligemment toutes ces thématiques peut exiger pas mal de temps… hors la première saison de « In the flesh » est construite sur trois épisodes (durée inconnue mais, sauf erreur, on peut compter sur du 60 minutes). Trop court ? Trop ambitieux ?

Réponse le 17 mars sur la BBC3, pour l’instant pas de diffusion France annoncée même si Caroline Benjo, productrice de la série Les revenants (Canal +), avait affirmé être « intéressée »…

In The Flesh

Author: François

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