Borgen s.2 : brelan d’as !

Birgitte Nyborg, encadrée par son mentor politique (Bent) et son spin-doctor (Kasper).

Le pitch : « Borgen, une femme au pouvoir » raconte les démêlées politiques et sentimentales de Birgitte Nyborg, Premier Ministre centriste du Danemark. Pour cette nouvelle saison, Borgen a rien moins que trois atouts maître en mains.

En prise avec l’époque

Riche en péripéties, la saison 2 de Borgen est, plus encore que la première, à vocation universelle. Qu’il s’agisse du cruel démarrage avec l’implication militaire en Afghanistan, de la crise du Darfour et de son utilisation politique, du système d’assurance santé menacé, de la place des femmes dans la société, des liens pernicieux entre médias et décideurs politique ou du torpillage de réforme pour des raisons électorales, il n’est pas un seul thème de cette saison 2 qui ne soit en prise avec l’époque. Pas un seul qui ne trouve un écho puissant et trop très familier chez n’importe quel téléspectateur s’intéressant à l’actualité. Cette richesse thématique ne serait pourtant rien sans deux pierres angulaires.

Une interprète d’exception

La première est, bien sûr, Sidse Babett Knudsen, l’interprète de Birgitte Nyborg. L’actrice, pourtant sortie auréolée de gloire à l’issue de la première saison, passe en surmultipliée sur cette saison 2. Cette interprète prodigieuse déploie des trésors de savoir-faire et de subtilité pour donner chair et épaisseur à une lionne politique qui affronte les désillusions du pouvoir et une vie privée qui part en lambeaux. Emotion contenue ou explosive, jeux de regards pénétrant, langage involontaire du corps, il n’est semble-t-il pas un aspect du métier d’actrice que Sidse Babett Knudsen ne maîtrise à la perfection. Mais cette explosion thermonucléaire de talent – servie, le cas est assez rare pour être souligné, par une VF de qualité – dévaste toutes les scènes et laisse, peut-être, trop peu d’espace aux autres acteurs de la série…

Une écriture au cordeau

Dernier atout de cette saison 2 : la finesse de son écriture. Ici, nulle facilité hollywoodienne, aucune trace de bien-pensance. Les faits sont exposés dans toute leur complexité, l’héroïne n’apparaît pas – c’est le moins que l’on puisse dire – toujours à son avantage. La cruauté et le cynisme de l’exploitation politique d’une situation donnée sont disséquées sans pitié et l’influence des spin-doctors et de leurs « éléments de langage » montrée dans toute leurs choquantes réalités.

Contrairement à une autre perle nordique (The killing), le passage en deuxième saison de Borgen se déroule donc sans regret, ni compromis. Borgen devient « simplement » une série majeure…

« Borgen, une femme au pouvoir », diffusion de la saison 2 sur Arte à partir du 22 novembre, à 20h50. Arte a créé un amusant faux tabloÏd interactif, Skandal, qu’on peut consulter ici mais au risque de quelques spoils sur la saison 2 (cliquez sur accueil)…

Author: François

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2 Comments

  1. J’ai été, comme beaucoup, captivée par la saison 1 et attend avec impatience la saison 2, qui semble prometteuse.

    Pour ce qui est de Sidse Babett Knudsen, c’est effectivement une vraie découverte pour le public français. Arte nous programmera-t-elle d’autres films avec cette actrice dont le talent et la finesse de jeu sont effectivement un des grands atouts de cette série?

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    • La popularité croissante de Borgen pourrait donner des idées aux réalisateurs : Sidse Babett Knudsen parle en effet très bien français (elle y a fait ses études) ainsi qu’un anglais impeccable (elle en joue d’ailleurs dans plusieurs épisodes cette saison). Croisons les doigts !

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