Les mâles d’action au stress-test

Les laboratoires OàV sont heureux de vous présenter leur premier « stress test » séries. Attaquons, au laser d’une analyse pas du tout scientifique et franchement suspecte, trois séries présentant l’un des meilleurs représentants du mâle alpha, à savoir le commando britannique. Pourquoi ? Because les Brits de choc sont à l’honneur en ce moment à la TV. Le super soldat de Strike Back (actuellement diffusé par Canal +), le duo de gros bras de Strike back saison 2 (début juillet sur la même chaîne). On leur a adjoint, pour faire bonne mesure, les testostéronés de la série Ultimate force (sauf erreur inédite en France mais qui n’est PAS, en dépit de son titre, un show avec Steven Seagal ou Dolph Lungren).

Ces trois séries puisent à la même source : l’ex (vrai) SAS (spécial air service)  Chris Ryan qui, à la retraite, a fait fortune en devenant écrivain, romancier puis scénariste. A priori, la caution d’un véritable ancien des forces spéciales promet de l’action non formatée et des personnages de pros plus vrais que nature. En fait chacune des séries donne à voir un cliché une image différente du guerrier de pointe. Nous les avons soumises à un stress test (efficacité, réalisme), en disséquant une mission montrée lors d’un épisode. Nos laborantins déments se sont ensuite lancé dans des manipulations ADN honteuses pour recréer le visage qu’aurait dû avoir le héros de chacune des séries dans la « Minute Frankenstein ».

 

Strike back saison 1

Magnéto Serge :

Effectif : John Porter (Richard Armitage) un ancien SAS désavoué, remis au travail par les services secrets britanniques.

Mission test : exfiltration d’un prisonnier d’une prison de haute sécurité au Zimbabwe (épisode 3).

FEUILLE DE MISSION

Durée mission : six minutes pour l’évasion (Un jour et demi pour l’infiltration préalable).

Otage libéré : 1

Gardes éliminés : 8

Balles tirées : 8

Perte : 0

Mains, couteau, fusil-mitrailleur.
Un bon passage à tabac préalable par les gardes de la prison.

ANALYSE RESULTATS

Huit fâcheux au tapis et même pas un bobo, ça c’est du chirurgical !
Avec une moyenne imbattable d’une balle par adversaire au tapis, on oublie les interminables gunfights façon John Woo. Porter (aidé par le prisonnier exfiltré) a une précision de sniper. Une petite déception : il ne pense pas à ramasser ses douilles.
Six minutes chrono pour s’évader d’un QHS gardé comme le palais de Buckingham ? Même Mesrine en sifflerait d’admiration ! Moi, il me faut au moins deux fois plus de temps pour ne serait-ce que lever une paupière lorsque le réveil sonne.

VERDICT

Porter est une machine à tuer d’une précision quasi-mathématique. Pas de fusillade, pas de bagarre interminable. Vous passez entre ses mains, vous êtes mort. S’il était un personnage de cinéma, on ne voit que le Terminator pour être aussi efficace. Mais Porter a une fâcheuse tendance à ne pas supporter l’injustice et à prêter main forte aux innocents menacés qu’il croise dans la série, même au risque de compromettre sa mission. Alors disons un Terminator défectueux.
40 %

grâce à la planification préalable de l’opération. C’est comme ça, c’est moi le chef.


LA MINUTE FRANKENSTEIN

Si on croise une souche de Porter ( (Richard Armitage, image 1) avec des germes de Terminator (image 2), le héros idéal de Strike Back saison 1 aurait dû ressembler à ça (image 3).

 

Strike back saison 2

Magnéto :

(Strike back saison 2 est une suite à la première série mais avec de nouveaux héros et en co-production avec une chaîne américaine).

Effectifs : Deux commandos. Mickael Stonebridge (Philip Winchester) est un SAS britannique et Damien Scott (Sullivan Stapleton), un ex-commando américain révoqué et réactivé par les services secrets anglais.

Mission test : Nettoyer un hôtel de Delhi envahi par des terroristes et identifier puis capturer leur chef nommé Latif. (épisodes 1 et 2).

FEUILLE DE MISSION

Durée de mission : une nuit.

Otages perdus : 13 + 1 après l’opération.

Terroristes tués : 14/17 (3 par les forces d’intervention indiennes).

Balles tirées : 29

Perte : 0 mais 1 blessé.

Serviette de bain, mains, pistolet, fusil-mitrailleur.
Le duo est fait deux fois (!) prisonnier par les terroristes.

 ANALYSE RESULTATS

Avec 14 terroristes au tapis pour 0 perte dans le commando, c’est du « nettoyage » par le vide.
La moyenne de 1,7 balles par terroriste abattu permet d’évoquer une action musclée adroite. Sauf que le nombre énorme d’otages perdus (13) casse tout. En fait d’opération chirurgicale, on dirait plutôt une mission anti-terroriste planifiée avec la subtilité de buldozer des forces spéciales de Vladimir Poutine.
Une nuit c’est long mais, bon, il y a beaucoup de touristes, une barmaid nue, une gamine terrorisée et en prime les forces d’interventions indiennes, seul le scénariste sait pourquoi, décident de ne surtout pas entrer dans le bâtiment avant que le duo ait presque fini le ménage…

VERDICT

En mettant fin à eux seuls à une situation de crise en se débrouillant avec des moyens un peu « roots », le duo Stapleton Stonebridge s’inspire très clairement du John McClane (Bruce Willis) de Piège de cristal. On peut malgré tout les traiter de gros nullos car ils échouent complètement dans leur mission principale : identifier et capturer le terroriste Latif, qu’ils laissent fuir avec des infos vitales. Malgré tout, la série sait offrir de petits bonbons aux téléspectateurs puisqu’à à chaque épisode Damien Scott :

1. Montre ses fesses (et celles de ses partenaires, il en faut pour tout le monde).

2. Se prend au moins une balle dans le corps (évitons le syndrôme 007 du mâle qui les tombe toutes mais ne souffre jamais).

0%.

Non, 0% n’insistez pas !

Bon d’accord 1% à cause des gros plans sur les fesses de Stapleton (et, ou d’une barmaid, rayez la mention inutile).

OK, 2% parce que la neutralisation de terroriste à la serviette éponge (authentique) c’est rigolo.

 

LA MINUTE FRANKENSTEIN

Si on greffe du Damien Scott (Sullivan Stapleton, image 1) avec de l’ADN de John McClane (Bruce Willis, image 2), le héros de Strike back saison 2 aurait dû ressembler à ça (image 3). Mais ces dames préféreront sans doute cette version-là (image 4).

 

 

Ultimate force

Pas de bande annonce mais une vidéo du tout début de la mission test en question (regardez à partir de 7 minutes 10). Chris Ryan, le vrai SAS qui a inspiré la série, y joue un petit rôle (le chauffeur du bus en blouse blanche). Action :

Effectifs : les 11 hommes du commandos « blue » du SAS (Special Air service) commandés par le sergent Henry Garvie (Ross Kemp).

Mission test : Libération de dix otages retenus dans une banque par cinq malfrats (saison 1, épisode 1).

FEUILLE DE MISSION

Durée de mission : 4 minutes 1 seconde.

Otages perdus : 0

Malfrats abattus : 5

Balles tirées : 25

Explosif, pistolet-mitrailleur, grenade lacrymogène, grenade de saturation sensorielles.
Un SAS abattu au début de l’opération.

ANALYSE RESULTATS

5/5 fâcheux au tapis, c’est un carton… ceci dit quand on attaque à deux contre un, y’a pas de quoi pavoiser…
Avec une moyenne de 5 balles par malfaiteur, on est plus au stand de tir que dans la précision millimétrée. Les hommes du commando « Blue » ne voulaient manifestement pas s’ennuyer avec la paperasse résultant d’arrestation. 
Quatre minutes pour envoyer ad-patrès cinq fâcheux répartis dans une banque de deux étages… un timing de champion !

VERDICT

 

Les SAS de cette série sont des durs. Ils ne font pas de cadeau et vouent un culte à l’efficacité pure. Surpréparés, ils ne semblent avoir qu’un seul héros de cinéma d’action proche de leur « philosophie » (« surprise, vitesse et agressivité » dixit le sergent Garvie) : c’est l’agent secret Jason Bourne (Matt Damon dans la trilogie Bourne) même si celui-ci excelle plus dans l’improvisation.
90 %

Les SAS n’ont rien des chevaliers galants et ne perdent pas de temps avec de l’héroïsme à deux balles (hum). Une otage terrorisée mais hors de danger est ainsi réduite au silence d’un bon coup dans la mâchoire. Un potentiel preneur d’otage, même non menaçant, est exécuté sans sommation. Voir aussi une vraie technique à savoir le « double tap ». Il s’agit de tirer deux balles dans la bouche d’un malfrat tenant un bouclier humain pour l’empêcher de blesser ou tuer son otage par un tir-réflexe.

LA MINUTE FRANKENSTEIN

Prenez un bout de Henry Garvie (Ross Kemp, image 1), ajoutez y une pincée de Jason Bourne (Matt Damon, image 2) et voici à quoi aurait dû ressembler le héros d’Ultimate Force (image 3), à moins qu’il ne s’agisse ce cette version là (image 4).

Conclusion

Les SAS d’Ultimate Force emportent haut la main au concours du mâle dominant réaliste. Il n’ont pourtant rien de super-héros, arrivent même bons derniers côté humanité, fair-play ou galanterie. Paradoxalement, leur ancrage dans le réalisme le plus crû leur permet d’échapper aux clichés traditionnels des héros d’action et de décrocher… oui, de décrocher quoi  au fait ? Malheureusement, le succès en Angleterre de la saison 1 a amené les scénaristes d’Ultimate Force à oublier le vrai muscle de la série pour dériver peu à peu vers les pires poncifs d’action (saison 3 et 4).

PS : Un grand merci à Céline qui m’a prêté son précieux « doudou télévisuel ». 😉

PSS : les hideux mix photos des Minutes Frankenstein ont été commis sur les applis iPhone Face Switch et FaceFusion Lite. Vous êtes prévenus…

Author: François

Share This Post On

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest

Share This