Un trône qui ne ferraille plus trop

C’était juré, craché ! Marre de la sushi attitude de l’éditeur français du Trône de fer qui,  comme d’habitude, procédait  à la découpe en trois tomes (13, 14 et 15) imprimés bien gros du pavé (A dance with dragons ) publié l’été dernier aux Etats-Unis. Cette fois, pas de négociation ! On attendrait la publication intégrale du bouquin – prévue dans l’Hexagone pour juin 2014 –  et c’est marre !

Et puis voilà, George a encore été le plus fort.

A peine le nouvel opus en main, les bonnes résolutions passent aux oubliettes, la fermeté va se faire voir ailleurs, les mains deviennent fébriles…

Mais la fièvre retombe vite.

Car que se passe-t-il dans ce nouveau Trône de fer ? Pour faire court, pas grand chose ! Certes, l’auteur semble en avoir fini avec les errances absurdes du 4eme pavé (regroupant les tomes 10, 11, 12 vous pourriez suivre quand même !) et ses « seconds couteaux-sans-intérêt-qu’on-est-obligé-de-suivre-pendant-890-pages ». Certes, on retrouve enfin les vrais héros de la saga, notamment le nain Tyrion – abandonné depuis près de 1000 pages – mais force est de constater que, côté péripéties, on est ici économe, limite avaricieux.

Un petit résumé du présent volume tome (on s’y perd) sans trop spoiler ? Tyrion voyage vers la princesse des dragons, Daenerys. Celle-ci se pose plein de questions (mariage, pas mariage ?). Jon, le fils illégitime de Ned Stark, pose sa nouvelle autorité de chef du Mur… et c’est à peu près tout ! Nulle bataille – tout juste une petite échauffourée sous un pont – rien côté retournement de situation, pas l’esquisse d’un complot méphitique, pas la plus petite brise épique. On cabote. On navigue à une rame.

Ce qui n’empêche pas de se fader une complainte en post-face de l’auteur évoquant « l’enfer » de la rédaction de ce nouveau tome (et les 6 ans de poireaux pour les fans alors ?) et de tiquer quasiment à chaque page en raison du changement de style de la traduction (le précédent traducteur Jean Sola, qui avait donné une tonalité très « chanson de geste » aux précédents bouquins, a jeté l’éponge au profit de Patrick Marcel revendiquant une écriture plus moderne et proche du texte original).

Deux hypothèses viennent alors à l’esprit : soit – comme on l’espère et comme le suggèrent de très louangeuses critiques Outre-Atlantique – Martin prend le temps de positionner avec science ses pièces personnages avant d’opérer une saisissante blitzkrieg sur l’imaginaire de ses lecteurs. Soit, comme on commence de plus en plus à le craindre, il s’est enferré dans une impasse scénaristique après le monumental coup de théâtre des Noces pourpres (saison 3, épisode 9 pour ceux qui suivent la série HBO) et pilote désormais à vue sa saga, sans sextant ni schéma directeur.
Nulle réponse n’est possible avant d’avoir lu la suite – c’est le principe et la force même des feuilletons. Rendez-vous en septembre. Et les mains fébriles, mince !

George R.R. Martin, Le trône de fer, tome 13 « Le bûcher d’un roi », Pygmalion, 18 €.

L’info en + : pour (tenter de) comprendre le calendrier de parution du Trône de fer…

Mars : Tome 13, le Bûcher d’un roi (Pygmalion)

Septembre : Tome 14 (Pygmalion)

Janvier 2013 : Tome 13 (J’ai Lu)

Mars 2013 : Tome 15 (Pygmalion)

Juin 2013 : Tome 14 (J’ai Lu)

Novembre 2013 : Tome 15 (J’ai Lu)

Juin 2014 : intégrale des tomes 12, 14 et 15 (J’ai Lu)

 

Author: François

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