Sévices sur DVD

Avant même de déguster un film, le DVDvore est, depuis quelques années, victime d’une vraie maltraitance. Celle-ci vient encore de monter d’un cran.

Ca commence par un clip hyper agressif martelant les yeux et fracassant les oreilles pour rappeler que « télécharger c’est du vol », clip tellement ridicule d’ailleurs que presque tous les éditeurs l’ont abandonné sauf Pathé Europa. Suit ensuite un baratin (projection à destination privée, blabla) après quoi, on vous enjoint de dénoncer à l’Alpa (association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) d’éventuels brigands qui pirateraient. Parfois même, pour faire bonne mesure, on se fade un nouveau baratin juridique : « ni (par exemple), Sony, ses employés ou ses parents ne peuvent être tenus responsables pour les propos tenus dans les commentaires » (c’est quoi un parent de Sony ?).
Arrivent enfin les bandes-annonces. Après quelques chronométrages, on peut constater qu’à moins de taper frénétiquement la touche menu ou avance rapide de la zapette, les gamins qui veulent voir par exemple Bambi doivent poireauter durant quasi 10 minutes (9 minutes 44 exactement) avant d’accéder à leur film. Disney est le champion toute catégorie de cet étrange sport suivi de près par Pathé Europa (presque sept minutes de poireau avant le début de Taken par exemple).
Mais une nouvelle pollution est en train d’arriver sur les DVD : la pub. Pas celle des films annonces hein, mais de la pub pur jus comme celle que l’on se fade à longueur de temps sur TF1 ou entre deux micro-séquences du Grand Journal de Canal +.
La première apparition de cette néo-pollution a été vue sur le DVD de Bienvenue à bord avec Valérie Lemercier. Un des « bonus » de cette œuvre inoubliable est en effet un clip « Costa croisière », un pur clip promotionnel montrant comment la vie, elle est trop belle sur l’un des fiers navires de la compagnie maritime. Passons car l’actualité s’est chargée de rendre la chose plutôt cocasse.
Autre exemple, beaucoup moins pardonnable, avec Drive. Car juste avant de déguster ce polar majeur , il faut en effet se fader un clip promotionnel pour les pneus Goodyear. Un clip dont l’esthétique clinquante et dont le message lénifiant sont en totale contradiction avec la beauté vénéneuse de Drive. La chose est d’autant plus regrettable que Wild Side, son éditeur, est de ceux qui font le plus d’efforts pour minimiser la pollution pré-visionnage.

De ce rapide état des lieux, on peut conclure qu’un quidam qui a acheté sagement son DVD est :

  1. Soupçonné de piratage et menacé de prison et d’amende.
  2. Sollicité pour dénoncer ses voisins.
  3. Considéré comme juridiquement débile.
  4. Encouragé à un surcroît de consommation.
  5. Et qu’enfin on s’arroge désormais de son « temps de cerveau » disponible pour lui glisser de la pub.

La chose donne un aperçu pour le moins surprenant et en tout cas un peu décourageant sur la façon dont les éditeurs de DVD considèrent leurs clients, particulièrement sur une période de piratage galopant. Encourager la consommation légale, mieux, la bonifier par rapport aux copies pirates, ne serait-il pas une meilleure manière de procéder ?

Author: François

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